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Arno Puerta, fondateur de co-Pilote

Indépendant depuis quelques années après un parcours en entreprise, j'accompagne aujourd'hui des professionnels qui envisagent la même évolution, et d'autres qui l'ont déjà fait. Voici les questions qu'on me pose le plus souvent.

Mon parcours

Qu'est-ce que vous faisiez avant co-Pilote ?

J'ai commencé par trois ans d'alternance dans la distribution d'éclairage, où j'ai vu de près ce que demande réellement le développement d'une petite entreprise. J'ai ensuite créé ma première société avec mon cousin, La Cuisine de Simone : mettre en relation, en circuit court, des éleveurs français attachés à la qualité de leurs produits avec des consommateurs en métropole. Puis je suis entré dans le conseil, en CDI chez Alten.

Votre première société n'a pas tenu. Qu'est-ce que vous en retenez ?

Le modèle reposait sur une chaîne que nous voulions vertueuse pour tout le monde : acheter aux éleveurs à un prix qui leur assure une bonne qualité de vie, et revendre à des prix accessibles. Nous avions sous-estimé une chose simple : à faible marge, il faut du volume pour absorber les coûts, et générer ce volume a été plus compliqué que prévu.

Ce fut un échec, difficile à accepter, mais dont je retiens beaucoup de choses. Créer une activité ne se résume pas à avoir une bonne idée — c'est l'identité de marque, l'administratif, la comptabilité, le réglementaire, les marges, l'approvisionnement, la distribution. Et c'est surtout le développement commercial, qui ne ressemble jamais à ce qu'on avait imaginé.

Pourquoi être passé à l'indépendance ?

Chez Alten, j'ai fait le constat qui a décidé de la suite : il n'est pas nécessaire d'inventer un concept pour créer de la valeur et en capter une part. La compétence suffit, à condition d'être en position de la valoriser.

Le déclencheur n'a rien eu de spectaculaire. Au fil de plusieurs échanges, j'ai réalisé que mon sentiment d'appartenance, mes prétentions et mes envies d'évolution ne correspondaient plus à la structure dans laquelle j'évoluais. Mon métier me plaisait, ma mission aussi. Le problème était le mode de collaboration, pas la collaboration en elle-même.

Qu'est-ce qui a été plus difficile que prévu ?

Deux choses. L'administratif, d'abord : malgré une création d'entreprise derrière moi, le nombre de statuts possibles, de déclarations attendues et d'ambiguïtés aux conséquences lourdes m'a demandé un temps de compréhension que je n'avais pas anticipé.

L'isolement, ensuite. Ne plus pouvoir partager ses accomplissements, ses questions et ses hésitations avec des gens qui comprennent la situation, comme on le fait naturellement avec des collègues.

Pourquoi j'ai créé co-Pilote

Comment l'idée est-elle venue ?

De mes propres difficultés, et de l'envie de partager ce que j'en avais retiré. Ma première idée était d'ailleurs autre : une communauté d'indépendants qui échangeraient bonnes pratiques et opportunités. Mais cela ne répondait qu'à une partie de mes difficultés.

Qu'est-ce qui vous a fait passer de cette idée à co-Pilote ?

Les sollicitations. Après quelques mois d'indépendance, d'anciens collègues et consultants dans différentes structures m'ont contacté pour me poser des questions. Est-ce que c'est vraiment intéressant ? Quelles démarches as-tu faites ? Qu'est-ce que ça change vraiment ?

Peu sont passés à l'acte. Et ce qui les retenait était presque toujours la même chose : ne pas voir clairement les conséquences du choix de statut, ne pas être à l'aise face à la gestion administrative et déclarative, et la crainte de se retrouver seul en cas de perte de mission. Trois freins concrets, dont aucun ne portait sur la compétence.

Qu'est-ce qui manquait dans ce qui existait déjà ?

Quand j'ai cherché de l'aide au moment de ma propre bascule, j'ai trouvé des offres découpées par sujet : la création d'un côté, la recherche de mission d'un autre, la négociation et l'accompagnement dans la durée nulle part. Certaines solutions existaient, mais personne ne prenait le problème dans son ensemble. Et tout se passait derrière une interface, sans trouver un contact qui pouvait m'accompagner sur l'ensemble du chemin.

Pourquoi annoncer votre rémunération dès le premier échange ?

Parce que tout intermédiaire se rémunère, c'est normal, mais qu'il faut parfois creuser pour comprendre comment. Je voulais quelque chose de clair, proportionnel à la mission, et qui ne pèse pas sur l'indépendant qui se trouve entre deux missions.

Cela a surtout une conséquence de bon sens : l'indépendant est notre seul client, et nos intérêts sont alignés avec les siens, y compris au moment de négocier un tarif. Nous gagnons quand il gagne, et nous perdons quand il perd.

Un premier échange, sans engagement

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